Linux sur Macintosh ? Il ya une excellente solution !

Les machines fabriquées par Apple ont un énorme défaut : elles ont la vie (très) dure et fonctionnent encore après parfois plus de 10 ans de bons et loyaux services ! Si bien qu'aujourd'hui coexistent deux générations fort différentes à tous points de vue.

Du passé reste la génération 68000 (68K), comprenant les processeurs 68020, 68030, 68040 et 68060 de Motorola, avec peu de mémoire, de petits disques (bien moins de 500 Mo) : on y trouve les MacII, les LCII, LCIII, Performa, etc. Vous en avez un ? Soyez rassurés ! Divers Unix tournent trés bien sur toutes ces machines à condition d'avoir un gestionnaire de mémoire virtuelle (MMU) : MKlinux pour 68K évidemment, mais aussi A/UX (l'Unix d'Apple), FreeBSD ou AIX. La configuration minimale est alors de 8 Mo de RAM et d'environ 300 Mo de disque libres pour un système assez complet, 70 à 100 Mo pour un système minimum. On trouve ces produits sur CD ou sur Internet et ils sont fournis avec une documentation suffisante (en anglais le plus souvent) pour une installation standard.

Bien sûr, le système Unix obtenu est lent ! Très lent même, comparé à un G3. Certes, mais une machine Unix rend des services introuvables sur un MacOS 6 ou 7.1, comme le routage IP ou un Domain Name Server. La transformation vaut donc le coup et redonne vie à des machines difficiles à exploiter autrement.

A l'opposé de cette vieille génération, l'actualité c'est le processeur PowerPC, notamment avec les nouvelles machines dites G3 d'Apple. Les développeurs ont conçu diverses solutions pour implanter Linux sur ce processeur, par ailleurs utilisé aussi sur des plates-formes non Apple.

La solution du "facile à porter d'une machine à une autre" exploite la technique du micro noyau, dans laquelle Linux s'appuie sur une machine virtuelle indépendante du matériel. Cela conduit à l'implantation de Linux appelé mklinux (mk pour micro kernel). La facilité du portage se paie par des défauts dans la gestion des périphériques et des performances un peu altérées, au moins selon les partisans de l'autre solution, celle du Linux natif.

Un Linux natif exploite directement les ressources matérielles de la machine : pas de couche intermédiaire plus ou moins stable et rapide. Logiquement, ces performances devraient être contrebalancées par un inconvénient immédiat : une délicate configuration. En réalité, à l'expérience, on peut choisir un Linux natif (linux-pmac ou linuxppc), qui ne s'avère pas plus difficile à installer. L'énorme avantage de linux-pmac, pour nous français, est d'avoir une documentation d'installation dans notre langue ! Mais il est beaucoup plus délicat à installer que linuxppc dont la documentation est en anglais. Ces deux distributions s'appuient sur le packaging RedHat, et bénéficient donc de rpm (utilitaire de gestion de paquetages).

Les procédures d'installation.

Les Mac disposent d'une technologie bien cachée appelée OpenFirmware, indépendante du système d'exploitation, sur laquelle s'appuient les mécanismes de démarrage de la machine (choix du disque de démarrage notamment). Linux-pmac utilise directement ces possibilités et arrive avec trois outils nécessaires à l'installation (Quik, Boot Variables, LinuxDisks), en plus de l'image mémoire minimale vmlinux.gz. En suivant la documentation pas à pas, on aboutit à un Linux qui tourne, mais l'ensemble est assez fastidieux à cause du nombre d'opérations à effectuer et de leur diversité. Linuxppc faisait la même chose jusqu'à ce qu'arrive LA solution miracle, j'ai nommé l'outil d'installation BootX.

BootX est un véritable petit bijou qui vous offre un Linux fonctionnel sous X11 en quelques minutes, dès lors que vous disposez des fichiers nécessaires. A titre d'exemple, supposons que vous n'ayez pas de CD d'une distribution Linuxppc (trop facile) et que vous vouliez construire un disque SCSI externe Linux. Il vous faut donc télécharger les fichiers sur votre disque Mac avant de commencer l'installation. Un Linuxppc avec X11 et le KDE représente 75 Mo, et 130 Mo avec Tk, perl, Emacs et les outils de compilation. Vous devez mettre dans le dossier système les fichiers suivants : ramdisk.image.gz et vmlinux. Il faut aussi avoir à la racine de votre disque, un dossier RedHat contenant les sous-dossiers base et RPMS. Dans base, se trouvent les fichiers comps.pmac, hdlist, skeleton.cgz et uglist. Le fichier comps.pmac (éditable en mode UNIX par Tex-Edit Plus) contient la liste des paquetages que vous voulez installer. Pensez à valider les dépendances entre paquetages sur le site www.linuxppc.org. Tous les fichiers des paquetages retenus sont alors placés dans le dossier RPMS. Il faut maintenant voir comment sont désignés les disques sous Linux pour être prêt à effectuer le partitionnement, première partie de l'installation.

Le disque interne est appelé /dev/hda, chaque partition portant un numéro : /dev/hda5 par exemple, si vous avez une partition unique (les 4 premières sont utilisées pour décrire le disque). C'est donc sur /dev/hda5 qu'est situé le dossier RedHat que vous avez téléchargé. Le disque SCSI externe est appelé /dev/sda. Vous devrez créer au cours de l'installation au moins 3 partitions Unix dessus, et éventuellement une quatrième qui sera MacOS afin d'avoir un disque parfaitement autonome. Les partitions Unix seront donc /dev/sda5 pour root (150Mo), /dev/sda6 pour usr+home (600Mo), /dev/sda7 pour swap (50Mo), le reste pour MacOS en /dev/sda8. Notez que le lecteur de CD est appelé /dev/hdc, et le lecteur de disquette /dev/fd0.

Il ne reste qu'à lancer l'application BootX en cochant les options "No video driver" et "Use Ram Disk", et c'est parti ! Après l'opération de partitionnement, le G3 exprime sa puissance et 130 Mo de paquetages divers sont installés en moins de 25 minutes sur les partitions Unix nouvellement créées.

Par la suite, vous lancerez Linux avec le même BootX sans cocher "Use Ram Disk" afin de ne pas refaire l'installation (voir figure 1 ).

Si vous voulez être tranquille, vous copiez BootX et vmlinux sur la partition MacOS du disque externe afin que ce disque soit totalement autonome (le fichier vmlinux devra être copié à côté de system sur chaque nouvelle machine).

La cerise sur le gâteau, c'est que ce disque SCSI est maintenant utilisable sur n'importe quel G3, dès lors que vous lancez BootX avec l'option "No video driver" puisque Linux utilisera le gestionnaire vidéo du Mac! Profitez-en bien !

 

Christophe Lecerf

ECart/ LRIA

cl@mire.net


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